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Feuillet

Décembre 2017 – n°426

By 2 mars 2018 No Comments

Décembre 2017 – n°426

“Par l’Esprit Saint, il a pris chair
de la Vierge Marie et s’est fait homme.”
Le Credo définit ainsi l’Incarnation. Et Saint Jean dit dans son Prologue : “Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous” (Jn 1, 14). Comment ne pas être émerveillé devant une telle affirmation ! Dieu est descendu pour venir parmi nous, pour venir demeurer en nous ! Voilà le beau, le grand mystère que nous allons célébrer à Noël. L’enfant né dans la crèche est l’Emmanuel “Dieu avec nous”. Cet enfant qui se nomme Jésus est Dieu et homme tout à la fois : 100 % homme et 100 % Dieu !
Rien n’empêchait Dieu de décider de s’incarner dans notre humanité. C’est sans doute ce qui convenait le mieux pour qu’il se fasse connaître des hommes. Dieu ne voulait pas rester inaccessible, lointain, insensible. En se faisant homme, il voulait se rapprocher de nous afin de nous sauver. L’Incarnation ne se comprend en effet qu’en lien avec la Rédemption, c’est-à-dire avec le fait que Jésus a livré sa vie pour nous racheter du péché et nous délivrer de la mort. Mais il faut ajouter que si Dieu s’est incarné, s’il a voulu nous sauver, c’est pour nous ramener vers lui et nous associer à sa Gloire.
Le Credo présente ainsi un schéma circulaire qui part de Dieu et revient à Dieu : de la Création à la Glorification en passant par l’Incarnation et la Rédemption. Dieu révèle qu’il est Père, Fils et Esprit Saint, et à travers ses mystères il manifeste sa Gloire.

Mais revenons plus précisément à l’Incarnation :
Le processus par lequel Dieu se fait homme passe par une longue préparation dans l’histoire des hommes. Dieu parle d’abord à Abraham, un homme juste, qu’il appelle à quitter sa terre pour le suivre. Abraham croit et Dieu lui promet une descendance et une terre en héritage.
Longtemps après, Dieu d’adresse à Moïse dans le buisson ardent : “J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple… j’ai entendu ses cris… Va, fais sortir d’Egypte mon peuple Israël…”. Non seulement Dieu est sensible à la détresse des hommes mais il met tout en œuvre pour les sauver de l’esclavage.
Au long des siècles, surgissent des prophètes pour rappeler les promesses de l’Alliance et ramener les hommes vers Dieu. Isaïe reconnaît la figure d’un Messie à venir dans la venue d’un enfant (l’Emmanuel) mais aussi dans la figure d’un Serviteur souffrant, humilié et torturé. La révélation de Dieu “prend chair” au cœur du drame de l’humanité.
Reste à savoir comment Dieu réalisera sa promesse. Beaucoup pensent que le Messie descendra avec les armées du ciel. Les prophéties de Michée, d’Isaïe ou de Zacharie sont déjà oubliées. Personne n’imagine qu’il naîtra d’une femme, au milieu des événements du monde, dans un lieu improbable.
Quand Dieu parait, c’est dans le silence et de nuit. Marie l’accueille dans son cœur avant de le concevoir dans son corps. Les anges l’annoncent dans la nuit étoilée. Les bergers en sont les premiers témoins, les mages les premiers chercheurs. Ils se réjouissent auprès de Marie et de Joseph, tandis que les autres hommes s’agitent, ignorant ce qui se passe à Bethléem : “Il est venu chez Lui et les siens ne l’ont pas reçu” (Jn 1,11).
L’incarnation est en effet le combat de la vie contre la mort. La naissance de Jésus déchaîne la fureur du démon. Car Hérode a décidé de tuer l’enfant et la Sainte Famille doit fuir. Plus tard Jésus vaincra définitivement le diable sur la croix : “De la crèche au crucifiement, Dieu nous révèle un profond mystère”.
Pour nous, le mystère de l’incarnation s’accomplit dans la célébration de l’eucharistie. La présence de Jésus, né dans notre chair, mort et ressuscité, vivant en nous, fait grandir en chacun le désir de le contempler dans sa Gloire. Que son Esprit Saint nous établisse dans la joie parfaite !