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ActualitéFeuillet

Février 2018 – n°428

By 2 mars 2018 No Comments

Février 2018 – n°428

La tentation du péché est bien installée dans notre cœur. Il suffit de nous asseoir auprès de Marie pour comprendre que c’est notre lutte de chaque jour. Marie s’est totalement laissé aimer par le Père et elle l’a aimé en retour, de toute sa force. Elle n’a jamais laissé le Diviseur s’interposer entre Dieu et elle.
Mais qu’est-ce donc que ce péché sur lequel l’Eglise attire notre attention à chaque début d’eucharistie ?
Pécher, c’est se choisir soi-même égoïstement et refuser la présence de Dieu dans toutes les actions de notre vie. C’est se détourner volontairement du service d’amour pour Dieu et pour nos frères. C’est surtout ouvrir la porte de notre cœur à une autre voix intérieure comme le font Adam et Eve. C’est la voix du Diviseur qui s’insinue en nous pour se substituer à la voix du Père jusqu’à détruire la relation de confiance que nous avons avec lui. Le péché, c’est de cesser d’aimer l’autre comme don de Dieu et de le considérer comme un obstacle à notre propre bonheur.
La Bible à travers le chapitre 3 de la Genèse nous fait un récit symbolique des commencements et de ce qu’on appelle le péché originel. La profession de la foi chrétienne de notre catéchisme (n° 405) affirme qu’Adam et Eve n’ont pas commis de faute personnelle mais qu’exerçant leur liberté, ils n’y ont pas mis les limites indiquées par l’amour de Dieu. Poussés par l’esprit de Satan qui veut devenir l’égal de Dieu, ils refusent de se laisser conduire par, avec et dans l’amour de Dieu. Ils se sont progressivement détachés de Dieu pour se détourner définitivement de lui afin de s’élever et de se glorifier eux-mêmes. Dès lors l’homme cherche à avoir et non plus à être.
Caïn et Abel sont l’image symbolique des premières sociétés humaines. Satan est entré dans notre humanité et tente de la prendre en otage en lui dissimulant la splendeur du Tout-Puissant d’amour. Il pousse l’homme à abuser de la liberté qui lui a été donnée en le conduisant jusqu’au meurtre. La victoire de Satan serait de briser définitivement l’amour de l’homme pour Dieu et il s’y attache jusqu’à la fin des temps.
Mais Dieu crie sa douleur de la séparation. Caïn, “qu’as-tu fait de ton frère ?”. En effet, Abel meurt de la jalousie que lui porte Caïn. Et Caïn essaie d’oublier Dieu et son frère.
Mais Dieu nous aime et nous tient dans sa miséricorde. Il tient bon. Il n’abandonne pas ses enfants. Dieu ne nous quitte pas du regard et continue malgré nos égarements, aussi terribles soient-ils, à veiller sur nous. Il nous cherche sans cesse : “où es-tu ?” dit-il à Adam lorsqu’il sort de la sainteté première, “où te caches-tu ?”.
Peut-être pour comprendre l’égarement de la nature humaine et sa chute dans le péché, faut-il relire avec attention le livre de la Sagesse. Mais surtout il faut nous appuyer sur notre foi dans le Christ ressuscité.
Notre foi est la seule vraie lumière qui peut nous permettre de comprendre ce qui s’est réellement produit. Nous ne connaissons ni notre origine, ni notre terme. Aussi, c’est vers le Christ qu’il nous faut regarder de toute la force de notre amour. “Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui (Co 1,16).”
Toutes nos tentations ont été éprouvées par le Seigneur. Nous lisons dans le chapitre 4 de l’ évangile de saint Matthieu que Jésus lui-même, lorsqu’il se retire au désert, est tenté par Satan qui veut le détourner de sa mission. Il proposait à Jésus un moyen plus facile pour se présenter comme le Messie, sans passer par la Passion et la Croix. Satan était prêt à tout donner à Jésus pour obtenir son attention. La nature divine du Seigneur en était bouleversée. Tout comme son cœur fut bouleversé en voyant Satan entrer dans le cœur de Judas au soir de la Cène (Jn 13,21). Pourtant il répond avec force : “C’est le Seigneur, ton Dieu, que tu adoreras et c’est lui seul que tu serviras” (Mt 4,10).
Nous aussi “Pauvres pécheurs !” restons aux côtés de Jésus dans nos tentations quotidiennes. Il ne nous laissera pas à la merci du Diviseur. Nous ne serons pas tentés au-delà de nos forces. Jésus “Dieu sauve” nous affranchit de la mort avec lui. Il est vraiment notre salut. Pour peu que nous nous tournions vers lui et que nous lui disions comme Pierre “Seigneur, tu sais bien que je t’aime”. Alors réjouissons-nous de vivre “Par lui, avec lui et en lui”.
Comme Marie, cachons-nous dans la parole de Dieu.
Ainsi le tentateur ne nous atteindra pas.