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Feuillet

Mars 2017 – n°418

By 2 mars 2018 No Comments

Mars 2017 – n°418

Ne confondons pas la miséricorde avec le pardon des péchés. Le pardon est inclus dans la miséricorde, mais la miséricorde est bien plus vaste que le pardon.
Le repentir, nécessaire au pardon est rarement exprimé dans l’Évangile. Jésus ne fait jamais de reproche, de même qu’il n’exige pas de repentir, ni de la part de Zachée, ni de Madeleine, ni de la Samaritaine, ni de tous ceux qui le reçoivent.
Le pardon s’applique au péché qui concerne l’agir et ses conséquences, là où la responsabilité et la liberté de la personne sont engagées. Pour cela, il y a dans l’Église catholique un sacrement : celui de la réconciliation, avec l’absolution qui, au nom de Dieu, efface toute dette.
Si le pardon s’applique au péché, au “faire”, à des actes dont nous sommes responsables, la miséricorde, elle, touche l’être entier, là où une accusation voudrait détruire la personne. L’accusation, par les autres ou dans notre propre cœur, porte sur qui je suis : “Tu es idiot, méchant, nul…” Or notre être, déjà tellement inconnu de nous-mêmes, n’est connu par personne d’autre que Dieu, et il ne peut jamais être réduit à une formule de trois mots.
La miséricorde ne dépend donc pas du péché ou de la situation morale de quelqu’un, c’est l’amour gratuit, absolu de Dieu toujours disponible, une sorte de submersion de grâce sans condition.
La miséricorde offre de replacer chaque personne dans son intégrité et son unité. Elle répare, réhabilite, restaure. Elle brise l’isolement de l’aveugle, du paralysé, du lépreux, pour les faire revenir dans une communion.
La miséricorde s’oppose à la honte et à l’humiliation. Dieu vient me dire qu’il ne me désire pas autre ni autrement que je suis. Il me partage sa gloire et avec moi construit mon être. Il ne fait exception pour personne et aucun acte ni aucune situation, ni aucune morale ne peut l’empêcher de m’aimer.
Dieu, l’auteur de la vie, est présent à la conception de chaque être humain pour lui donner vie. De là, un germe d’innocence demeure dans toute personne. Il s’agit du lieu le plus personnel et le plus intime, le “je suis” qui jamais ne peut être entamé, inatteignable par le mal et par quiconque. Seul Dieu peut aborder aux rives les plus intimes de l’être, si l’homme l’y autorise.
Dans le sacrement de la Réconciliation, le prêtre devient le témoin de l’innocence de la personne, et il est convoqué à introniser cette personne dans son innocence. Il ferme les yeux sur le reste. Le confesseur fonde le pénitent dans la part incorruptible de son être : le “je suis” personnel qui communie au “Je suis” de Dieu.
L’église – avec une majuscule ou pas – doit être une communauté de miséricorde où fraternité et accueil ne sont pas de vains mots, dont nul, jamais, ne peut être exclu.
La paralytique de l’Evangile bénéficie de la miséricorde de ceux qui l’apportent à Jésus, sur sa civière et à travers le toit de la maison.
Dieu compte sur la miséricorde des hommes, il en a besoin. Dieu a mendié la miséricorde de Marie et de Joseph. Il se penche sur son humble servante, le Tout-Puissant s’incline devant elle, pour, respectueusement et presque timidement, lui demander la faveur de donner une chair à son fils. De même qu’il compte sur la miséricorde de Joseph, qui dans son libre arbitre peut décider de répudier sa fiancée. Pétris de la Parole de Dieu, connaissant la miséricorde qui s’étend d’âge en âge, Marie et Joseph collaborent à cette œuvre de salut pour l’humanité.
De même encore aujourd’hui, Dieu compte sur notre miséricorde pour accomplir son plan d’amour et de salut pour tous les hommes. Il a besoin de notre collaboration.