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Feuillet

Mars 2018 – n°429

By 2 mars 2018 No Comments

Mars 2018 – n°429

Vous connaissez sans doute l’épisode de l’évangile où Jésus commente le drame de la chute de la Tour de Siloé tuant 18 personnes ou le massacre de galiléens par Pilate (Luc 13, 1-5). Il veut nous rappeler qu’il n’est pas venu pour nous épargner la mort naturelle, mais bien pour nous sauver de la mort éternelle. Il a donné sa vie en mourant sur la croix pour que nous partagions un jour sa propre vie dans le mystère de sa résurrection. Et ce don qu’il fait de lui-même, c’est une grâce, la grâce même qui est faite à notre humanité. Cette grâce doit être accueillie et fait l’objet d’une conversion.

Dieu de tendresse et de pitié
Nous étions en effet voués à la mort du fait de nos péchés. L’humanité était condamnée par elle-même à se perdre mais Dieu a lui-même agi en notre faveur. Dans l’Exode, il se révèle comme le Dieu de tendresse et de pitié, plein d’amour et de fidélité, le Dieu qui est sensible à notre misère et vient à notre rencontre. Il nous offre sa grâce pour nous détourner du mal et nous convertir à son amour.
Saint Paul décrit la lutte intérieure que nous devons mener contre les forces des ténèbres. Il nous invite à revêtir les armes de lumière (Rm 13, 12+), endosser l’armure de Dieu pour résister aux manœuvres du diable (Eph 6, 10+)*.
Ce combat, nous ne pouvons le conduire à bonne fin qu’avec la grâce reçue à notre baptême. Sans l’aide du Christ, sans la force que nous donne le don de l’Esprit Saint, nous pouvons difficilement tenir face aux sollicitations humaines, aux tentations de ce monde. Par le baptême, nous sommes morts au péché, nous ne sommes plus les esclaves de la chair (Rm 6-8). L’Esprit de Jésus-Christ nous donne la lumière et la force pour avancer avec courage sur le chemin de la vie.

La grâce de la conversion intérieure
Toutefois rien ne peut se produire en nous sans une prise de conscience qui vient déjà d’une grâce, une disposition intérieure qui permet à Dieu d’agir en nous. La conversion intérieure est une grâce qui provient de l’écoute de la parole de Dieu, de l’invitation que Dieu nous adresse. On peut vivre des années sans avoir conscience de ce à quoi Dieu nous appelle. On peut passer une bonne partie de son existence sans que Dieu puisse vraiment convertir notre cœur, parce que celui-ci demeure sourd, étranger à tous les moyens que Dieu nous présente. La conscience qu’on a de l’appel de Dieu est une disposition que Dieu met en nous, moyennant des conditions suffisantes mais aussi notre liberté.

La grâce à l’œuvre dans notre vie de baptisé
Lorsqu’un baptisé sait qu’il est connu et aimé de Dieu, lorsqu’il a une conscience suffisante de la relation filiale que Dieu établit avec lui par Jésus-Christ, il vit déjà dans ce régime de liberté dont parle Saint Paul. Il laisse l’Esprit agir en lui, il accueille les grâces que celui-ci lui donne au gré des circonstances. Le baptisé est ainsi habité par cette grâce sanctifiante qui le fait grandir en enfant de Dieu. Il vit dans une relation de confiance qu’on appelle la grâce habituelle, mais que le péché vient endommager. Le péché grave est effacé par le pardon, que la prière et le sacrement de réconciliation nous obtiennent. Dans certaines circonstances, des dons ponctuels nous sont accordés pour faire face à des situations précises. C’est ce qu’on appelle la grâce actuelle, celle qui agit par les dons du Saint Esprit : par exemple pour des besoins particuliers, lorsqu’il faut prendre une décision, recevoir une lumière spéciale.
En tout cela, la grâce de Dieu nous permet de nous attacher davantage à lui, d’aimer nos frères et de progresser sur le chemin de sainteté qui nous configure de plus en plus au Christ. La grâce nous prépare à participer à la vie trinitaire, à connaitre la joie d’aimer dans une liberté sans limite. Même si cela nous semble encore bien éloigné, la grâce elle-même nous en donne déjà d’en goûter les prémices.