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Feuillet

Été 2018 – n°433

By 26 novembre 2019 No Comments

Été 2018 – n°433

En ce mois de juin, la liturgie nous invite à nous approcher plus près du Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie. C’est un mois de fête : ordinations et sacrements de l’initiation chrétienne. Alors voici un témoignage fraternel à l’intention de ceux qui sont empêchés durablement – et ce pour des raisons diverses – d’avoir accès aux sacrements, dont celui de l’Eucharistie.
Cette question de l’empêchement est une question douloureuse qui bouleverse l’Eglise dans son ensemble et qui amène le trouble dans le cœur de ceux qui sont personnellement concernés, de leurs proches, ainsi qu’une confusion dans tous les débats. Il ne s’agit pas ici de prendre parti : il y a ceux qui respectent et ceux qui ne respectent pas. Il y a ceux aussi, il faut bien le dire, qui personnellement concernés semblent “s’en moquer”, souvent au grand désespoir de leur famille et amis catholiques fervents, parce que tout simplement ils ne fréquentent pas ou plus l’Eglise.

C’est donc sous le regard de la Sainte Famille, sans jugement d’aucune sorte, que je vous propose ce témoignage.
Si elle fait débat sur la place publique, la communion empêchée est avant tout une affaire très intime. Elle pose la question du désir de Dieu, et non pas de la réponse à un besoin de frustration. Ce désir crée un espace qui incite à ouvrir un chemin de conversion dans un cœur à cœur avec le Christ, dans cet espace de l’être où seul Dieu a accès. Alors se pose une autre question : quel est le Dieu auquel je crois ? quel est Celui que je cherche ?
Une affaire très intime donc, qui a un retentissement énorme et qui peut soulever beaucoup de culpabilité. L’accompagnement de l’Eglise a une grande importance et notamment l’accompagnement spirituel pour discerner et pour voir toutes les petites sentinelles, petites lumières posées sur le parcours de foi : un regard, un mot, un geste porteur de miséricorde. Saint Hilaire dit dans son commentaire du psaume 127 “nombreux sont les chemins du Seigneur, bien qu’il soit Lui-Même le Chemin”. Et surtout la Parole de Dieu qui, plus on la fréquente, plus elle donne la preuve de son actualité, de son efficacité, témoignage d’une Présence réelle.
Alors le baptême reçu devient plus actif. La grâce de l’Esprit Saint donne une forme d’audace, une volonté ferme de s’intégrer dans l’Eglise, de la défendre, de participer avec tous les autres, de servir, d’apprendre.

Ce désir de Dieu s’exprime alors par la participation à la messe. Là, le Seigneur invite tout le peuple. Il ne dit pas celui-ci oui, celui-là non.
Invités, soyons tous attentifs à ces paroles que nous connaissons tellement par cœur que nous pourrions les dire presque “machinalement”. Dès la salutation mutuelle les mots rappellent d’emblée la grâce de Jésus, l’amour du Père, la communion de l’Esprit Saint. Quand vient le moment de la célébration eucharistique et le rite de communion nous sommes à nouveau invités.
“Heureux les invités” ! Et voilà qu’il faut s’avancer avec foi – cette foi que nous avons à demander chaque jour – et s’avancer avec les autres, “car pour s’avancer vers Dieu, dit saint Paul, il faut croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent” (He11,6). S’avancer avec les mains croisées sur le cœur, donc avec Marie que l’on représente souvent à l’Annonciation avec les mains croisées sur le cœur en signe d’humilité, en signe d’intériorité. S’avancer avec Marie qui supplie son Fils : “Ils n’ont plus de vin”. Alors Jésus offre aux convives en surabondance ce nectar que nul n’aurait osé espérer. Mais qui le sait ? Seulement ceux qui servent et qui savent avec Marie qu’il n’y avait plus de vin.
Toi, ami(e), qui défends la cause de tes frères et sœurs, lorsque tu communies sacramentellement, quand tu prépares ton cœur et tes mains à faire un “Trône pour ton Roi”, pense à offrir ta communion sacramentelle pour ceux qui en sont empêchés. Cela vaut tous les débats et toutes les levées de boucliers. Car ce qui compte, c’est que “Ton Père voit ce que tu fais dans le secret” (Mat 6,4).