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Feuillet

Janvier 2019 – n°438

By 26 novembre 2019 No Comments

Janvier 2019 – n°438

“Il est jeune, mais rassurez-vous, ça lui passera !” Qui n’a pas déjà entendu cela ou qui ne s’est jamais laissé aller à pareille remarque vis-à-vis d’un jeune ? Et pourtant, que jeunesse se passe, je ne trouve pas cela très rassurant ! Il faudrait en effet que jeunesse se passe pour laisser place à une certaine forme de sagesse, mais les jeunes, réunis ce mois-ci au Panama pour les Journées Mondiales de la Jeunesse, n’ont-ils pas une forme de sagesse à nous communiquer ? La sagesse serait-elle le privilège de la vieillesse, devrait-elle attendre le nombre des années ?

Jeunesse et sagesse
Il faut bien le reconnaître, à voir bien des jeunes absorbés par leurs écrans, nous serions plus facilement tentés de faire rimer jeunesse avec paresse ! En effet, à en croire le Pape François qui exhortait les jeunes à ne pas être des chrétiens sur canapé, lors des précédentes JMJ de Cracovie, il faut bien reconnaître que le risque existe bel et bien d’en faire des êtres passifs, affalés sur un divan et perdus dans leurs tablettes tactiles et autres objets numériques. Mais les jeunes, comme nous le voyons si souvent à Lourdes lors du pèlerinage du Rosaire, sont aussi capables de quitter leurs écrans pour utiliser leurs bras et leurs mains pour aider les pèlerins en fauteuil ou brancard à se mouvoir dans les sanctuaires. Oui, il faut le reconnaître, les jeunes sont capables d’engagement et ils sont aussi capables de quitter leurs réseaux sociaux virtuels pour se risquer à une rencontre bien réelle avec des personnes concrètes ! C’est peut-être cela la sagesse de la jeunesse, en tout cas celle qui se rassemble ce mois-ci au Panama : elle prend le risque de sortir de sa bulle virtuelle pour prendre le risque de la rencontre avec celui qui n’est pas de la même culture. Au fond, cette jeunesse nous rappelle une sagesse toute simple et pourtant souvent oubliée : nous risquons tout à ne rien risquer et nous ne risquons rien à prendre des risques ! Nous risquons tout à ne rien oser, parce qu’à ne pas oser sortir de soi, on risque de s’enfermer et de se scléroser et nous ne risquons rien à prendre le risque de la rencontre, parce que celle-ci ne peut que nous transformer ! Telle est la sagesse qui rime avec jeunesse, en tout cas celle des JMJ d’aujourd’hui.

Jeunes et vieux, tous ensemble !
Si, contre toute attente, la jeunesse nous livre une certaine sagesse, elle a néanmoins besoin de notre expérience pour pouvoir donner le meilleur d’elle-même. Ainsi, si nous pouvons nous réjouir que des jeunes ne se laissent pas toujours enfermer dans leur bulle, nous ne devons pas nous-mêmes nous enfermer dans la nôtre en prétendant un peu trop vite que les jeunes sont trop différents de nous et donc trop loin de nous ! Ecouter, rejoindre et accompagner les jeunes là où ils sont, tel était le souci du dernier synode des évêques réunis à Rome au mois d’octobre dernier. Ce devrait être aussi notre souci, à nous, mouvement des Equipes du Rosaire. Rejoindre les jeunes là où ils sont, cela touche au défi de la nécessaire inculturation pour annoncer l’Evangile dans les codes et les langages des jeunes, en particulier la langue de leurs outils numériques qu’ils ont toujours sur eux. Dans les mois à venir, nous aurons à ouvrir des chemins nouveaux au sein de notre mouvement pour que ce type de langage puisse aussi y trouver sa place et rejoindre un public plus jeune dont la soif spirituelle est immense. Notre responsabilité à l’égard des jeunes est importante, car ce sont eux qui font d’ores et déjà surgir un nouveau visage d’Eglise quand celle-ci est en crise.

Toujours jeunes !
Le feuillet “Le Rosaire en Equipe” de juillet-août 1997, lors des JMJ de Paris, avait laissé la parole à des jeunes pour qu’ils témoignent de ce qu’ils vivaient alors dans notre mouvement. Voici ce que disait Myriam : “Chaque mois, j’ai hâte de recevoir le petit livret, Le Rosaire en Equipe. Décortiquer l’Evangile en groupe pour mieux le comprendre, faire le lien avec ce que nous vivons et ce que le Seigneur nous demande m’enthousiasme”. J’espère que Myriam, mais aussi Armelle, Michel et Véronique qui livraient aussi leur témoignage, sont toujours membres, 22 ans après, des Equipes du Rosaire. J’espère surtout qu’ils n’ont rien perdu de leur enthousiasme et de leur jeunesse ! Être jeune, c’est toujours être en état de croissance, avoir toujours envie de grandir, de découvrir et d’ouvrir des chemins nouveaux. Alors, ne restons pas sur notre canapé à attendre que jeunesse se passe, mais restons, quel que soit notre âge, toujours jeunes !