LES CHANTS DU MOIS
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Des catéchumènes et un concile provincial
“L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé…”. Cette formule vient des Actes des Apôtres (chapitre 15, 28). Elle vient conclure une discussion qui eut lieu à Jérusalem entre des Apôtres, des Anciens et des représentants de l’Église d’Antioche, auxquels Paul s’était associé. C’est le premier concile de l’Église du Christ. Une telle réunion cherche à aborder des questions nouvelles que connaît l’Église. Les catholiques ont en tête de grands conciles, par exemple, dans les premiers siècles de l’Église, les conciles de Nicée, d’Ephèse ou de Constantinople. Dans l’histoire plus récente, nous pouvons penser au Concile de Trente ou au 1er Concile du Vatican. Et dans l’histoire contemporaine, les plus anciens d’entre nous ont en tête le Concile Vatican II, qui s’est tenu à Rome entre 1962 et 1965. On parle de conciles œcuméniques (ou universels) auxquels sont convoqués et tenus de participer tous les évêques des provinces ecclésiastiques du monde entier sous la présidence du pape. Il y a aussi des conciles généraux, qui concernent ou le monde latin ou le monde oriental. Il peut y avoir des conciles nationaux. Et, enfin, nous pouvons trouver des conciles provinciaux : un archevêque métropolitain convoque les évêques des différents diocèses de la province ecclésiastique qu’il est appelé à présider. Il ne s’est tenu que peu de conciles provinciaux dans le monde. Le dernier rassemblait les Églises de Lille, Arras et Cambrai.
Mais le 31 mai de cette année, en île de France, un nouveau concile provincial a été solennellement ouvert. Cette province ecclésiastique rassemble les diocèses (ou Églises locales) de Paris, Meaux, Versailles, Évry-Corbeil-Essonnes, Nanterre, Saint-Denis, Créteil et Pontoise. Ce concile provincial veut s’affronter à une question qui est une vraie joie pour l’Église mais qui représente aussi un défi : la croissance importante de catéchumènes et de néophytes (nouveaux baptisés) en France, et notamment en Île-de-France. Le thème est ainsi posé : “Catéchumènes et néophytes, de nouvelles perspectives pour la vie de notre Église dans nos diocèses”.
La Conférence des Évêques de France a communiqué des chiffres impressionnants. Le baptême des enfants était de 380 000 en l’an 2000. Le nombre a beaucoup chuté puisqu’il est passé à 150 000 en 2024. Mais pour ce qui est des adolescents et des adultes, ils sont 21 000 à avoir demandé le baptême en 2026 et ce nombre n’a cessé de croître ces dernières années. Rien que par rapport à 2025, la hausse est de 28 % pour les adultes et de 10 % pour les adolescents. Les paroisses doivent former, accompagner et accueillir de nouveaux chrétiens en grand nombre, et cela ne va pas de soi.
Faisant face à cette situation, le Concile d’Île-de-France avait engagé une première phase de travail en la fête de la Conversion de saint Paul, le 25 janvier 2026 : une consultation du peuple de Dieu. Elle se terminera bientôt, le 1er juillet. Elle s’est faite par petits groupes. Voici quelques questions qui leur ont été posées : “Comment vivez-vous l’arrivée de nouveaux croyants dans l’Église ? Quels sont vos sentiments à leur égard ? Changent-ils, ou non, votre manière de vivre et de prier ensemble ? Quelles sont les forces et les faiblesses de l’accompagnement des catéchumènes dans votre paroisse ? Qu’est-ce qui vous fait dire qu’ils sont bien intégrés ? Quel message aimeriez-vous transmettre aux catéchumènes et aux néophytes, qui découvrent aujourd’hui la foi en Christ ?”
En mars dernier, les Équipes du Rosaire ont tenu leur Conseil National qui réunit, chaque année, les responsables et aumôniers du mouvement. Nous l’avons voulu comme un temps de travail sur la vision que nous avons pour l’avenir. Attentifs au fait que, depuis l’origine, la vocation des Équipes du Rosaire est missionnaire, plusieurs se sont demandé comment nous pourrions jouer un rôle dans la formation et dans l’intégration des nouveaux baptisés au sein de notre Église. Serons-nous prêts à nous adapter à un contexte nouveau pour être fidèles aux intuitions de notre mouvement ? Saurions-nous alors reconnaître l’appel de Dieu et faire nôtre cette déclaration des premiers chrétiens : “L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé” ceci et cela pour l’avenir ?
Fr. Philippe Jaillot, dominicain, aumônier national des Équipes du Rosaire
Brigitte Perrin, responsable nationale des Équipes du Rosaire














