LES CHANTS DU MOIS
Cliquez sur chaque titre pour l’écouter
Il est possible que des publicités apparaissent quelques secondes. Rapidement, vous pourrez cliquer sur « Ignorer l’annonce » et arriver au chant
Vers la paix dans les cœurs et dans le monde
Nous fêtons des anniversaires emprunts de gravité. Il y a 30 ans, le 7 mai 1996, sept moines trappistes étaient assassinés au Monastère Notre-Dame de l’Atlas, en Algérie, à Tibhirine. Le 1er août 1996, le dominicain Pierre Claverie, évêque d’Oran, et son chauffeur, Mohammed, étaient tués, eux aussi. Ainsi s’éteignaient des présences engagées en Algérie, auprès de la culture et de la religion musulmanes. Il y a 10 ans : le 26 juillet 2016, le Père Jacques Hamel succombait à un attentat terroriste alors qu’il célébrait la messe à Saint-Etienne-du-Rouvray, dans le diocèse de Rouen. Il avait célébré la vie jusqu’au bout.
Ces morts furent un choc. Mais l’Eglise reconnaît qu’ils ont donné leur vie dans leur foi au Christ et ont témoigné de la paix qui vient de Dieu. Les moines de Tibhirine et l’évêque d’Oran ont été béatifiés ainsi que d’autres religieux et religieuses, assassinés en Algérie à partir de 1993. Pour le Père Hamel, le pape François a autorisé l’ouverture d’une instruction en vue de sa béatification en tant que martyr. Quant à Mohammed Bouchikhi, il a reçu respect et hommages, lui qui accompagnait Mgr Claverie, l’évêque dont il était le chauffeur, et qui avait cheminé avec lui dans le service et l’amitié.
Il y a quelques mois, un événement ne pouvait passer inaperçu, surtout dans une actualité où la guerre ne cesse de meurtrir : le 13 avril dernier, le pape s’est rendu en Algérie. Ce voyage historique a marqué cette année 2026 où la mémoire des martyrs d’Algérie est tout particulièrement vive. Alors qu’il était invité à la Grande Mosquée d’Alger, Léon XIV s’est adressé au Recteur dans un discours improvisé. Lui qui est religieux augustinien exprimait sa joie de fouler la terre de son Père spirituel, saint Augustin. Pilier de l’Eglise d’occident, né dans l’actuelle Algérie, ce dernier était évêque d’Hippone au Ve siècle. La ville porte aujourd’hui le nom d’Annaba. Augustin, chercheur de Dieu, a tâtonné vers la vérité. Il a cherché Dieu, rencontré le Christ, et s’est tourné vers Lui. Dans son ouvrage phare, Les Confessions, il écrivait : “Nos ténèbres nous ont déplu, nous nous sommes tournés vers vous, et la lumière s’est faite.”
Si le pape Léon exprima l’importance qu’il donne à “la recherche de la vérité, la recherche de Dieu”, dans le décor de la grande Mosquée d’Alger, il parla aussi de la prière, du respect mutuel et de la nécessité d’apprendre à “construire un monde de paix”. Paix, réconciliation et pardon sont “véritablement l’esprit de Dieu pour toute sa création”.
Au jour de son élection comme pape, Léon XIV disait l’enjeu d’aller “vers une paix désarmée et désarmante”. Et il le répétait dans son message pour la 59e journée mondiale de la paix, le 1er janvier 2026 : “la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et désarmante, humble et persévérante. Elle vient de Dieu qui nous aime tous inconditionnellement.” Le pape appelle la paix d’abord dans les cœurs.
La paix désarmée et désarmante, ce fut bien l’expérience des 19 martyrs d’Algérie. C’est aussi porté par elle que mourut le Père Jacques Hamel. C’est bien elle aussi qui brille sur la mémoire de Mohammed Bouchikhi, chauffeur de Monseigneur Pierre Claverie.
Ils sont proches de nous dans le temps. Et pour certains d’entre nous, parce qu’ils étaient de notre famille, de nos amis, de notre Ordre religieux ou de notre congrégation, leur mort laisse un grand sentiment de tristesse. Mais la paix désarmée et désarmante fut leur force, leur gloire et leur liberté, à l’image du Christ en sa passion, libre au plus haut point de l’amour. Les martyrs témoignent d’une vie où l’on n’a pas peur de vivre l’Evangile.
Dans une lettre, le bienheureux Pierre Claverie écrivait : “Quand je regarde le Christ vivre, je dédramatise mon existence, il y a un tas de drames personnels qui sont vraiment peu importants. On devrait apprendre à vivre avec les autres plutôt que devant les autres.”
Nos Equipes du Rosaire nous font lire et étudier l’Evangile, à partir des mystères qui sont notre nourriture spirituelle. Pourvu que nous n’ayons pas peur d’en vivre et que nous nous encouragions en ce sens les uns avec les autres !
Fr. Philippe Jaillot, dominicain, aumônier national des Équipes du Rosaire
Brigitte Perrin, responsable nationale des Équipes du Rosaire














