LES CHANTS DU MOIS
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Recensement et élection
Les communes de moins de 10 000 habitants sont recensées tous les cinq ans. Celles de plus de 10 000 le sont chaque année, mais sur un échantillon de 8 % de personnes. Peut-être faites-vous partie de ceux qui sont concernés en 2026 ?
Dans la Bible, deux recensements marquent les esprits. Le premier, c’est celui que le roi David entreprit, alors qu’il arrivait à la fin de sa vie (1 Ch 21, 1-8 ; 1 Ch 23, 1). Cela déplut à Dieu qui constatait que David manquait de confiance, alors qu’il lui avait fait obtenir de nombreuses victoires pendant tout son règne. David vérifiait encore qu’il avait assez de soldats, comme si la victoire ne reposait que sur sa propre puissance militaire. Le second recensement bien connu est celui qui appela Joseph et Marie à Bethléem au moment où celle-ci mettrait au monde le Fils de Dieu (Lc 2, 1). Ici, nous comprenons que Dieu a pris sa part dans notre humanité. Il était compté avec les habitants du lieu. C’était un des premiers indices que Dieu s’était vraiment fait homme.
Pour nous, aujourd’hui, les recensements donnent des chiffres précis sur la population dans chaque commune française et l’organisme qui en est chargé, l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) en tire d’autres informations telles que l’âge, la profession, les conditions de logement, etc. L’Etat, ensuite, participe financièrement au budget des communes sur la base de ces résultats. La politique concernant certains services et équipements publics en dépend aussi : le nombre de pharmacies, les écoles et les hôpitaux, etc.
Les communes françaises, outre leur recensement, viennent de vivre les élections municipales : l’enjeu est la gestion du bien commun. Cependant, la déception d’une partie de ceux qu’on appelle les “administrés” peut être grande ! Les taux d’abstention des français le montrent. Comment ne pas se démobiliser ? Comment sortir du sentiment d’impuissance dans un monde qui semble tellement nous échapper ? Les élections municipales nous renvoient à une réalité qui nous touche de près. Le maire d’un village reste en général une personnalité proche. Selon une enquête de 2024, “le maire apparaît comme un acteur de confiance, stable et facilement identifiable, à la tête d’une institution qui assure les services publics du quotidien”.
Dans la Bible, le terme d’élection ne concerne pas les choix que font les hommes, mais celui que fait Dieu. Il élit ceux avec qui il veut engager l’aventure de l’Alliance. et qu’il veut conduire au bonheur. En revanche, le verbe “choisir” est celui qu’utilise la Bible pour les hommes : des choix très concrets dans des domaines profanes. David choisit cinq pierres bien lisses pour partir combattre le géant Goliath (1 S 17, 40). Ou encore, le prophète Isaïe explique que les riches, lorsqu’ils cherchent à prier Dieu avec un support, ont des idoles faites de métaux fondus, tandis que le pauvre, lui, choisit du bois imputrescible pour les statues qui servent à ses dévotions (Is 40, 19-20). Ce sont des usages très concrets qui expriment, cependant, que l’on ne fait pas son choix à la légère. Nous voyons le soin de David ou le souci des pauvres pour avoir de bons matériaux ! A fortiori pour nos élections municipales : cela représente quelque chose de voter. Nous avons eu besoin de discerner et de nous renseigner, ne serait-ce que pour éviter les manipulations toujours possibles. Je cherche, je réfléchis, je discerne et je choisis. Ainsi, j’engage ma responsabilité.
Le recensement nous laisse penser que nous ne sommes pas grand-chose dans la population. Mais les élections municipales nous ont interrogés sur notre souci du bien commun et nous disent que notre choix compte, ne serait-ce que parce que sans ce choix, nous aurions du mal à assumer que nous avons une place dans la vie d’un peuple.
Les Equipes du Rosaire nous apprennent aussi à mesurer ce que cela représente que de tenir sa place dans un groupe. Ce n’est pas rien de dire, comme le Père Eyquem : Marie, sois celle qui reçoit chez nous ! Et tout autant que dans nos villes et villages, nous voyons que les Equipes ne peuvent pas, elles non plus, se passer de responsables, et ceci à tous les niveaux.
Au fait, quand nous faisons monter quelque hostilité, n’oublions pas l’adage : la critique est facile, mais l’art est difficile. Gageons que la prière cultive notre confiance en Dieu et que cela rejaillit sur la confiance portée aux autres.
Fr. Philippe Jaillot, dominicain, aumônier national des Équipes du Rosaire
Brigitte Perrin, responsable nationale des Équipes du Rosaire
- Réalisée par l’Ifop pour la plateforme de conseil et de formation Politicae à l’occasion d’un Salon des Maires (19-21 novembre 2024).














