LES CHANTS DU MOIS
Cliquez sur chaque titre pour l’écouter
Il est possible que des publicités apparaissent quelques secondes. Rapidement, vous pourrez cliquer sur « Ignorer l’annonce » et arriver au chant
Le temps des mariages
Du 26 mars au 2 août 2026, une exposition se tient à Paris, nous donnant à découvrir des “Splendeurs du baroque”. Elle réunit pour la première fois en France une quarantaine de peintures réalisées par des artistes qui furent actifs en Espagne ou en Amérique Latine. Les tableaux proviennent du Musée de la Société Hispanique d’Amérique, à New York, peints par les célèbres Greco, Velásquez, Zurbarán ou encore le moins connu Nicolás Correa.
Leurs œuvres nous reçoivent dans les salons du Musée Jacquemart-André, cet hôtel particulier situé à Paris, au 158 Boulevard Haussmann, construit entre 1869 et 1876. En 1872, Edouard André, son propriétaire, fit réaliser son portrait par l’artiste Nélie Jacquemart qu’il épousa en 1881. Ils ramenèrent des œuvres de leurs voyages. A leur mort, l’Institut de France, devenu propriétaire, exécuta les volontés de Nélie. Elle souhaitait que les collections d’œuvres d’art soient rendues accessibles aux visiteurs. Ainsi, en 1913 naquit le Musée Jacquemart-André. qui connut un succès immédiat.
Cette exposition donne à contempler un portrait saisissant de saint Luc, peint dans les années 1590 par le Greco. Le regard de l’évangéliste semble triste, mais n’est-ce pas plutôt une grande intériorité qu’il nous communique ? Un sens de la contemplation ? C’est un homme qui cherche et mobilise beaucoup d’attention. Il se tient derrière un livre fermé, lui qui, dans son évangile, explique s’être informé auprès de témoins avant d’écrire. Et il tient un pinceau, soit pour représenter l’écriture du texte évangélique mis au service de la foi au Christ, soit pour rappeler la tradition selon laquelle il aurait peint le portrait de la Vierge Marie. Du reste, la cathédrale de Tolède a une autre représentation de Le Greco avec le même personnage, mais le livre est ouvert donnant à voir un portrait de la Vierge avec l’enfant Jésus. Il faut bien se souvenir que saint Luc est l’évangéliste qui a le plus parlé de la Vierge Marie et l’un de ces récits, la Visitation de la Vierge Marie à sa cousine Elisabeth, clôturera la liturgie de ce mois de mai que nous comptons comme mois de Marie.
L’exposition présente aussi une autre œuvre étonnante de 1696 : les noces de Cana par l’artiste mexicain Nicolás Correa. La table du repas est petite, contrairement à celle de l’œuvre du peintre vénitien Véronèse. Chez ce dernier, Jésus et Marie sont presque perdus mais bien visibles au centre d’une grande foule de plus de cent invités faisant la fête. Ils se tiennent comme s’ils étaient eux-mêmes les nouveaux mariés. Chez Correa, Marie et Jésus sont au cœur du tableau et au premier plan. La technique est étonnante : de la peinture sur des écailles de nacre et cela donne un éclat étonnant à la scène. Les gens s’affairent autour de la table, mais au centre, Marie montre à son fils qu’il n’y a plus de vin. C’est elle, ici, qui semble avoir la première place. C’est elle qui facilite. C’est elle qui nous fait entrer dans le tableau, de la même façon que, dans le récit, elle nous fait entrer dans la confiance au Christ. Et Lui, par cette scène des noces, nous fait entrer dans l’Alliance avec Dieu, la Nouvelle Alliance : la vraie vie est annoncée, et le repas, derrière, semble nous attendre, lumineux, comme le banquet céleste représentant le paradis dans la prophétie d’Isaïe (Is 25, 2).
Voilà une exposition qui donne à contempler, à l’image de nos Équipes du Rosaire : elles aiment à contempler les mystères du Christ qui émerveillent et consolident notre foi.
Fr. Philippe Jaillot, dominicain, aumônier national des Équipes du Rosaire
Brigitte Perrin, responsable nationale des Équipes du Rosaire













