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PAULINE JARICOT, FONDATRICE DU ROSAIRE VIVANT, BÉATIFIÉE !

La congrégation pour les causes des saints a rendu public le 27 mai dernier un décret reconnaissant un miracle attribué à la vénérable Pauline-Marie Jaricot et qui ouvre la voie à sa béatification prochaine.
Sachant combien le père Eyquem s’est inspiré du Rosaire Vivant de Pauline-Marie Jaricot pour fonder les Équipes du Rosaire, c’est une grande joie pour notre Mouvement que nous sommes heureux de vous partager!
Nous ne manquerons pas de nous associer aux célébrations de sa béatification quand celles-ci pourront être fixées, sans doute pas avant de longs mois encore.

Pour prier par l’intercession de Pauline-Marie JARICOT

Bienheureuse Pauline-Marie Jaricot,
toi qui « as aimé Jésus-Christ, plus que tout sur la terre »,
intercède pour nous,
afin qu’à ton exemple, nous puissions nous dépenser généreusement
à faire connaître et aimer le Christ à travers les mystères du Rosaire.

Pour être fidèles à la mission des Equipes du Rosaire,
obtiens-nous ce même esprit d’audace, de courage et de force qui t’animait.
Nous pourrons alors proposer l’Evangile avec Marie
aux personnes de notre entourage, de nos quartiers,
en les invitant à notre prière du « Rosaire en Equipes ».

Intercède pour nous auprès du Christ,
afin qu’il brûle nos cœurs de sa charité,
et qu’à notre tour, nous embrasions le monde de ce feu
qu’il est venu allumer sur la terre.

Pauline-Marie JARICOT (1799-1862)

Sa vie : 3 étapes qui correspondent à 3 engagements et à 3 Œuvres :

  • 1816-1826 : Un engagement missionnaire : l’Œuvre de la Propagation de la foi

Après une conversion intérieure, Pauline recrute parmi les ouvrières en soierie de Lyon, des jeunes filles partageant son idéal : mener une vie de prière et porter le souci des pauvres du quartier. Avec elles, et à l’invitation de son frère Philéas, séminariste à Paris, Pauline va proposer une quête « de la main à la main » aux ouvrières de l’usine familiale : « le Sou hebdomadaire ». La collecte est destinée à soutenir les missions en Chine. Devant le succès du projet de Pauline, une association est fondée le 3 mai 1822 : l’œuvre de la Propagation de la foi. Le siège de cette association, appelée à devenir les Œuvres Pontificales Missionnaires, sera transféré à Rome en 1922, sous l’égide de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples.

  • 1826-1844 : Un engagement spirituel : l’Œuvre du Rosaire Vivant

En 1825, le pape s’inquiète de la déchristianisation de la société. Pauline, pour raviver la dévotion mariale par la récitation du rosaire, va trouver un moyen simple de la faire dire par le plus grand nombre : c’est de partager les quinze dizaines correspondant aux quinze mystères de la vie du Christ et de la Vierge, entre quinze personnes associées. Chacune s’engage à réciter tous les jours un mystère qu’elle doit méditer. Pauline dira « Mettez quinze charbons, 1 seul bien allumé, 3 ou 4 le sont à moitié, et les autres pas du tout, rapprochez-les, c’est un brasier ardent ». En fondant les Equipes du Rosaire en 1955, le père Eyquem reconnaîtra s’être inspiré des Quinzaine du Rosaire Vivant de Pauline Jaricot : « Je ne connaissais rien alors de Pauline Jaricot sinon qu’elle était à l’origine du Rosaire Vivant. Il m’apparut alors normal de connaître quelle avait été la pensée première de la fondatrice. Je m’aperçus avec étonnement que mes dessins étaient les siens, que l’organisation que je projetais, rejoignait la sienne. Je compris que si j’avais reçu « l’intelligence » du Rosaire Vivant et comme « la mission de le propager dans l’univers entier », je le devais sans aucun doute à cette femme Aussi mon âme s’est attachée à son âme, et rendant la gloire à qui est la gloire, je me déclare redevable à son égard de tout ce que j’ai reçu. »

  • 1845-1862 : Un engagement social : l’Œuvre des ouvriers

En 1845, Pauline Jaricot acquiert les hauts fourneaux de Rustrel, près d’Apt, dans le Vaucluse. Elle souhaite y promouvoir un modèle de production respectueux des conditions de travail et de vie des ouvriers. « Pour améliorer, écrit-elle, la condition de la classe ouvrière, il faut rendre à l’ouvrier sa condition d’homme en l’arrachant à l’esclavage d’un travail sans relâche, sa dignité de père en lui faisant goûter les douceurs de la famille, sa dignité de chrétien en lui procurant les consolations et les espérances de la religion. En un mot, je voudrais qu’on rendît l’époux à l’épouse, le père à l’enfant et Dieu à l’homme. » Pauline souhaite « mettre en œuvre un réseau de solidarité en donnant à un premier groupe d’ouvriers les moyens de se regénérer pour leur permettre de délivrer leurs frères et l’ensemble du monde ouvrier ». Ruinée par des hommes d’affaires en qui elle avait mis, à tort, toute sa confiance, Pauline Jaricot meurt en 1862 dans sa chambre de la maison de Lorette (en contrebas de la basilique de Fourvière à Lyon), dans la misère et l’indifférence générale. Elle dira : « Je n’ai été que l’allumette qui allume le feu. »

Pauline a ainsi atteint 3 objectifs missionnaires :

  • Soutenir la mission universelle de l’Eglise : « ici et là-bas »
  • Promouvoir une authentique vie spirituelle chez le plus grand nombre : « Vivre en Jésus »
  • Vivre la solidarité entre les laïcs et l’Eglise institutionnelle : « une grande chaîne de solidarité »

Ces 3 objectifs dessinent les 3 axes fondamentaux de sa spiritualité :

  • L’esprit d’abandon à Dieu : « Une source de paix, c’est de marcher derrière Jésus, regardant sa trace dans chaque action qu’on fait, jetant le passé dans le sein de sa miséricorde et l’avenir dans son adorable volonté pour ne s’occuper que du moment.»
  • Le sens du mystère de la croix : « Dieu seul pour témoin, Christ pour modèle, Marie pour soutien, et puis rien, rien qu’amour et sacrifice. L’amour-propre en murmure mais tout bas je lui dis : Le ciel en est le prix» (inscription figurant sur la croix de Pauline que le curé d’Ars lui avait offerte en 1859)
  • L’amour de l’eucharistie qui invite à offrir sa vie pour l’autre : « Je suis faite pour aimer et servir» (comme elle le confie dans un ouvrage de jeunesse, L’amour infini dans la divine Eucharistie en 1822)